Chamanisme Tribal

Publié le par нар хиртэлт

Pour ceux que le chamanisme "tribal" intéresse: je vous indique les deux livres suivants (assez durs à lire certaines scènes canibalisme et rapts entre tribus sont difficiles pour nos moeurs policées...) Je trouve cependant que cela remet les pendules à l'heure aussi..

Livre 1: Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les Indiens (Français) Poche – 1 juillet 1995 E. Biocca

Livre 2: Chronique des Indiens Guayaki (Français) Poche – 4 janvier 2001 de Pierre CLASTRES

Pour ceux que le chamanisme "tribal" intéresse: je vous indique les deux livres suivants (assez durs à lire certaines scènes canibalisme et rapts entre tribus sont difficiles pour nos moeurs policées...) Je trouve cependant que cela remet les pendules à l'heure aussi..

Livre 1: Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les Indiens (Français) Poche – 1 juillet 1995 E. Biocca

Livre 2: Chronique des Indiens Guayaki (Français) Poche – 4 janvier 2001 de Pierre CLASTRES

Spoiler de Yanoama

Enlevée à l’âge de 11 ans par les indiens Yanomami, Hélène Valero devra attendre 22 années avant de retrouver les siens. Elle ne sera alors plus vraiment prisonnière et sera devenue aussi une des leurs. Mais au départ il lui fallut éviter de se faire « flécher ». Non pas tant ou seulement qu’elle fut blanche, mais parce qu’elle n’avait pas de parents susceptibles d’exercer des représailles à l’encontre de ses assassins. Proie facile mais heureusement femme, denrée précieuse et sujet principal -mais loin d’être unique- des prétextes et alibis autorisant selon une codification bien établie les indiens à s’adonner à leur passetemps favori, la guerre tribale. Ce sont ces codes justement qu’Helena va pénétrer non comme une observatrice mais comme une véritable actrice, avec autant plus de réalisme qu’à plus d’une occasion il en ira de sa survie. Fuyant les représailles des uns les convoitises des autres elle apprendra à vivre parfois seule dans une forêt, à se nourrir en observant les singes, à effacer ses traces, à se peindre selon la coutume. Elle observera aussi les rituels chamaniques, les pratiques des guérisseurs, les rites mortuaires. Et surtout, n’étant pas déformée, ou du moins conformée, à la pensée de ses origines, elle sera une observatrice dénuée de préjugés sociaux ou raciaux et en cela va s’avérer être un témoin hors du commun, une voyageuse vers le passé. Pourtant elle restera toujours Napagnouma, la femme blanche et c’est en fugitive qu’elle retrouvera après 22 ans le monde des blancs. Enfin Le retour de l’enfant prodigue ! Et bien non !!Etrangère là-bas, étrangère ici. Dans un pays qui plus que les noirs ou les indiens déteste les mélanges, Helena a eu des enfants indiens. De quoi en faire une paria, et peu importe l’inestimable valeur de son expérience. Les prêtres catho l’ignorent, comme ils le font avec les pauvres en général. Seuls quelques baptistes lui tendront la main ou quelques journalistes ignares feront leur feuille de chou-gras de son histoire, sans conviction passion ou intérêt. Il faudra qu’Ettore Biocca s’intéresse à cette aventure pour qu’il en recueille les détails et la chronologie, qu'il mette en forme un discours sans doute imprégné de mélanges linguistiques déroutants, qu'il en assume autant que possible la véracité, et qu'enfin il nous la transmette dans la simplicité de style conforme au contexte. Reconnaissant, Biocca abandonnera les droits d’auteurs à Helena qui n’étant pas une sommité et ne faisant partie d’aucune communauté à intérêts bien couvés, disparaitra dans la fosse des laissés pour compte. En fait elle sera ignorée car pour l’oublier fallu-t-il en avoir entendu parler. Les dernières nouvelles que j'ai dénichée d'elle nous la montrent sur une photo prise en 1996. Sur la photo elle a l’air d’une pomme toute ratatinée, en partie aveugle et quasiment édentée. Elle est retournée ou restée dans l’anonymat qu’elle semblait souhaiter pour échapper au racisme ambiant. Pourtant telle une statue de la liberté tropicale le Brésil devrait l’honorer parce qu’avant tout elle a par son courage et son intelligence simple et lucide, attiré vers elle et tout son pays un irrépressible regard d’admiration. Un regard que l’on doit à ces véritables héroïnes qui bien loin des battages médiatiques restent à jamais inoubliables. Alors pour une fois, j’espère que Dieu existe pour que servant enfin à quelque chose il réchauffe cette âme dans son paradis. Bon ! Tout ceci est bien émouvant mais tout au long de cette lecture parfois un peu épuisante avec ces tribus aux noms interminables, je n’ai pas arrêté de me demander si je n’étais pas victime d’une supercherie. Un peu comme cette fameuse mytho qui affirmait avoir traversé l’Europe en guerre avec l’aide des loups. Ici le récit est confirmé par des spécialistes reconnus et experts (Pierre Clastres, Jean Malaurie, Georges Balandier). L’auteur ou du moins le collecteur de mémoire, à savoir Ettore Biocca, a lui-même veillé à faire répéter les divers épisodes à de nombreuses occasions sans jamais constater de contradiction. Enfin ce "rapport" a été fait à une époque où la région des Yanomani (limite Venezuela/Brésil) n’avait pas du tout été explorée. Depuis quelques expéditions ont réussi à approcher quelques tribus parmi lesquelles on retrouve celles où avait vécu Helena ou encore celles citées par elle. Les noms inconnus alors, les rituels, les pratiques alimentaires chamaniques, l’endocanibalisme typique, tout a été vérifié, jusqu’à rencontrer l’ex-mari d’Helena resté parmi les indiens. Tous connaissaient Helena .Enfin et ce n’est pas la moindre preuve, Helena parlait la langue d’indiens qui n’avaient alors jamais été vraiment approchés. Son histoire est donc validée et au passage démontre que cette femme exceptionnelle possédait un don d’observation et un mémoire hors norme. Une vie bien à part, Une héroïne modeste, tragique, magnifique, qui nous rabiboche avec la race humaine.

 
 

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