Plantes Amazoniennes

Publié le par нар хиртэлт

Le choix de la plante de diète tient compte des nécessités psychologiques du patient, en cherchant à compenser ses carences et ses excès, pour ne pas risquer de renforcer des caractéristiques déjà pathogènes. En effet à chaque plante correspond une fonction prédominante au niveau du psychisme, qui permet d’orienter ce choix en fonction de l’action psychothérapeutique recherchée. Ainsi le chiric sanango (Brunfelsia grandiflora) est utilisé en vue de dissoudre les peurs, depuis les frayeurs d’enfants jusqu’aux angoisses métaphysiques. La plante ushpawasha sanango (Bonafousia sp. Fam. Apocynaceae) facilite l’accès à des souvenirs enfouis et calme la mentalisation excessive.

 

Des plantes médicinales au service d’une action thérapeutique.pdf

 

Chez les Wayãpi, Bonafousia angulata est associé au rituel de formation des chamanes, et plus particulièrement à la phase dite de révélation de l’esprit. L’arbre est considéré comme abritant un esprit tutélaire du nom de yapukuliwa. C’est le latex qui est utilisé comme hallucinogène, son absorption étant solitaire. Les Wayãpi disent qu’alors le chamane voit (sous-entendu ce qui est ordinairement invisible).

Chez les Palikur, Bonafousia angulata joue le même rôle avec quelques variantes d’utilisation. L’esprit tutélaire de l’arbre porte, ici aussi, le même nom que l’arbre luimême, aβuki. L’absorption se fait sous le contrôle d’un assistant, ahigidi ; le chamane dit alors que la tête lui tourne et qu’il se met à rêver à un tas de choses.

Les initiés palikur préparent une macération de l’écorce regorgeant de latex, en boivent une partie et se lavent avec le reste. Le latex peut également être recueilli, mis à sécher puis broyé et fumé. Pour les deux ethnies, Palikur et Wayãpi, l’utilisation permet aux chamanes d’entrer en contact, de domestiquer et enfin d’utiliser à leur gré les esprits tutélaires de B. angulata. Pour un usage curatif de cette espèce, cf. Capirona decorticans (Rubiacées). Signalons que l’usage des Apocynacées comme hallucinogènes n’était jusqu’à maintenant pas connu en Amérique tropicale [3].

Enfin chez les Palikur l’écorce de aβuki. associée à Eleusine indica (Poacées), est un remède magique contre l’insomnie. L’insomnie est une affection « soufflée » par un jeteur de sort sur une préparation à base des cheveux de la victime et d’écorce pilée de Bonafousia angulata. Son remède consiste en un petit morceau d’écorce de la même espèce pilée avec des racines de Eleusine indica (Poacées). Une part est incorporée à un shampooing ; l’autre part sert à préparer une décoction bue trois fois par jour pendant deux semaines.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article